• Extraits de : Au-delà des lignes

      Quelques extraits du livre de Gisèle qui comporte 16 nouvelles

    La ligne

    ... Ma mère a porté des messages de nombreuses fois, avec toujours la même peur qui lui nouait le ventre. Elle a bravé les grands froids de janvier 1942, elle a marché dans la neige pendant des kilomètres avec courage et détermination. Comme elle était très jeune, belle et enjouée, les Allemands s'amusaient à plaisanter avec elle en la félicitant pour sa piété et jamais ils n'eurent de soupçons pendant cette année où elle prit sa part à la résistance, dans le combat contre l'envahisseur...

    ... — Figure-toi que les copains du maquis de Neuilly près de Cersot en revenant par les collines d'une de leur mission de sabotage ont trouvé un gamin caché dans les grottes de Culles les Roches. Il était affamé, transi de froid et mort de trouille. Ramené au camp, il a peu à peu livré son histoire, je te la fais courte, il a 12 ans, il est juif, il est seul, il a pu s'échapper de Paris et il faut que tu le caches...

    L'orage

    ... Elle est réveillée par un silence inhabituel. Tout est calme, trop calme. Rien ne bouge, les marmottes ont regagné leur habitat, les bouquetins ont disparu et les oiseaux se sont tus. C’est angoissant ce silence, pense-t-elle. Juste un bruissement d’ailes au-dessus de sa tête. En levant les yeux, elle aperçoit un aigle qui tournoie en prenant les vents ascendants et s’éloigne dans le ciel assombri et menaçant. Tiens, en effet, le soleil a disparu. Elle n’avait pas remarqué ces gros nuages noirs qui filent d’une manière désordonnée, poussés par un vent aussi brutal qu’inattendu. Des rafales de plus en plus violentes malmènent les linaigrettes qui se tordent et libèrent leurs flocons cotonneux...

    ... C’est sans doute ce qu’elle trouvera dans cette maison qui se dresse devant elle. Elle se sent attirée comme par un aimant, pas seulement pour les bienfaits qui l’attendent à l’intérieur, non, mais on aurait dit qu’un sixième sens la guidait inexorablement vers cette demeure...

    A la rencontre de l'Homme Oiseau

    ... Dans la petite maison au toit de pierres plates de Hanga Roa, seul village de l'île à deux pas de l'Ahu Tahai, Anata son épouse l'attendait en préparant un ceviche, plat composé de poisson mariné au citron vert, à la coriandre et aux oignons. Elle était terrorisée. La nuit était tombée et un vent violent tourmentait les rares palmiers qui tanguaient sous les rafales. Malgré lui, Ahito frissonna et se hâta vers sa demeure...

    ... Sur la falaise Orongo, des musiciens grattaient joyeusement guitares et ukulélés. Des vahinés vêtues de paréos, des fleurs dans les cheveux et des colliers d'eucalyptus autour du cou, dansaient devant le Roi, au rythme du Sau Sau, danse traditionnelle de l'île. La population était en fête pour cet hommage à leur Dieu. Une quinzaine de guerriers superbes et athlétiques se tenaient sur la falaise. Complètement nus, le corps couvert de dessins et de peintures à la gloire du Dieu Make-Make, tous étaient fiers de
    la mission divine qui leur était confiée...

    Le triangle des Bermudes

    ... Mike s'énervait devant ces conclusions qu'il connaissait par coeur. Y avait-il un rapport entre le trou des Bahamas, la fosse de Porto Rico et le Triangle des Bermudes ? Lequel ? Rien de nouveau et toujours pas plus de compréhension sur les disparitions...

    ... Il a du mal à maîtriser la conduite de son crossover, pourtant bien stable habituellement. Le vent souffle en rafales et fait tanguer dangereusement la voiture, la propulsant à droite et à gauche en direction des palmiers qui se couchent sous les bourrasques. Le ciel s'assombrit et de lourds nuages noirs filent à toute vitesse vers le large. Une pluie diluvienne inonde les rues. Devant Mike, des voitures sont propulsées en l'air, des toitures sont arrachées et les baraques des commerçants du front de mer sont éventrées et aspirées par les tornades surgies de nulle part...

    ... Mike était abasourdi par ces révélations bien réelles puisqu'il voyait en dessous le trou béant du Yamal, profond d'une soixantaine de mètres. Il se promit de revenir avec une équipe de spéléologues rompus à ce genre d'exploration. La nuit commençait à s'étendre sur les terres gelées et les rares buissons de la toundra déployaient leur ombre famélique. Le pilote jugea bon de rentrer et l'hélicoptère amorça le retour...

    Au bord du loch

    ... Un gardien en kilt m’accueille avec enthousiasme. Porte-t-il quelque chose dessous ? J’ai toujours été intriguée par cette question… mais elle n’est pas à l’ordre du jour !...

    ... La lande est devenue inhospitalière. Je frémis de froid et d’angoisse. Le vent explose en courtes rafales et mord mes bras nus. Sur cette terre où les légendes sont plus vraies que la vie, j’ai peur de rencontrer quelque Macbeth ou autre personnage maléfique. Soudain, une ombre se dresse devant moi. Est-ce Heathcliff échappé des Hauts de Hurlevent et assoiffé de vengeance ?...

    ... Il « adore » mon air ahuri, il dit que j’ai l’air encore plus idiot que d’habitude ! Je ne pense pas que ce soit un compliment ! Mais ce soir tu ne m’atteindras pas, je ne pense qu’aux yeux bleus de Duncan...

    Expédition en Egypte

    ... Il écoute le murmure de l’eau qui ruisselle le long des fontaines. Il entend le hennissement des chevaux dans le haras royal et les mots d’apaisement des palefreniers. Il contemple les scribes lettrés et éduqués dans l’art des mathématiques et de l’écriture des hiéroglyphes. Avec leurs rouleaux de papyrus, leurs calames et leurs encriers, ils sont prêts à rédiger les actes administratifs et les lois. Il croise les riches marchands qui font fortune avec le troc des sacs de grain, de l’huile, des tissus, des deben d’or et d’argent...

    ... L’angoisse terrible qui les tenaillait et la fraîcheur du lieu les glaçaient de terreur. La sueur collait leurs vêtements, ils avançaient sans un mot dans le noir, trébuchant sur les pavés disjoints, tout juste éclairés par la torche de Pierre. Les couloirs n’en finissaient pas. Il leur semblait entendre les gémissements des morts enfermés dans ces lieux depuis des millénaires !...

    La Banshee

    ... Dans les tourbières, les robustes moutons Shetland à la toison brune, à la tête et aux pattes noires paissaient tranquillement. A proximité, une sombre forêt de pins s'étalait sur la colline. Lindsay donna un ordre bref et les policiers se placèrent en ligne pour entrer dans la forêt. Ils avancèrent lentement en scrutant le sol et l'horizon. Il était 10 heures, le jour filtrait à peine entre les grands arbres et une brume opaque rendait leur progression difficile. Les brindilles et les pommes de pin craquaient sous les pas des hommes. Seuls les pics verts trouaient le silence. Un chat sauvage déséquilibra Bruce en traversant à toute vitesse entre ses jambes. Bruce jura et assura que c'était un très mauvais signe !...

    Au bout du couloir

    ... Alors qu’elle sortait de sa baignoire, elle perçut un murmure suivi d’un long soupir. Je rêve, se dit-elle en jetant un regard circulaire, je suis seule. Un nouveau soupir plus fort et plus lointain la fit sursauter. Elle serra sa serviette de bain autour de son corps et se hasarda dans le long couloir qui desservait les chambres et traversait tout l’étage de la maison. Elle entendit grincer le parquet...

    Secret défense

    ... — Allons bon, c’est nouveau ça, un mort vivant qui meurt une seconde fois, c’était peut-être un zombie, il faudra vérifier, rigola Paul en louchant sur la silhouette délicate de sa secrétaire, moulée à la perfection dans son jean, objet de tous les fantasmes des mâles de la Brigade...

    ... « Chez Marcel » était le bistrot d’en face, haut lieu de réflexion de toute la Brigade ! Souvent les enquêtes les plus compliquées se dénouaient devant le plat du jour et une bouteille de Côtes du Rhône. Mais aujourd’hui, le problème était embrouillé...

    A l'ombre des Moaï

    ... Elles étaient si près du but qu'elles avaient des frissons. Ahito leur montra la pierre sacrée de Te Pito O Te Henua au milieu de son enclos. À quelques pas, le Moaï le plus grand de l'île gisait dans l'herbe depuis des siècles. Le vieux Rapanui s'en approcha et lui parla respectueusement...

    ... Le tunnel débouchait sur une plate-forme tout aussi sombre. Jeanne poussa un cri en se trouvant nez à nez avec un Moaï. Ses yeux d'obsidienne les fixaient et semblaient les suivre dans l'obscurité. Elles réprimèrent un mouvement de recul et continuèrent leur progression...

    ... L'orage avait épargné Hanga Roa. Un soleil de feu descendait vers l'océan, éclaboussant les nuages de rouge et d'or. La lumière finissante faisait danser les ombres. Les parfums d'eucalyptus et de citronniers embaumaient la terrasse. Sur les tables, la lumière des bougies multicolores dansait dans des photophores en bambou. L'ambiance était à la fête et le garçon, tout sourire, leur apporta d'autorité deux Pisco Sour...

    Eliot ou une vie de chat

    ... Bon, je file. D’ailleurs j’ai du boulot. Il y a une taupe dans la pelouse, je l’ai vue hier qui me narguait sur son tas de terre. Elle m’a échappé mais là, je suis en forme et je vais l’avoir. Je suis aux aguets, immobile, prêt à bondir si elle pointe son museau. Et voilà, le vent se lève, je déteste le raffut qu’il fait en soufflant son air froid, j’ai les poils qui se dressent sur mon dos....

    ... Avant, je fais un petit détour près du noisetier où j’ai remarqué une pie en train de se prélasser. Chez moi, sur mes terres, quel toupet ! J’approche à pas de loup, tiens, une idiotie de plus que cette formule. Je me demande pourquoi les humains ont besoin de ces références animales, sans doute par manque d’imagination !...

    ... Bon, finalement je vais aller bouder sur le fauteuil interdit et si j’en ai envie, je gratterais le joli velours rouge avec mes griffes. Elle va râler mais je le ferai exprès pour lui montrer qu’elle pourrait avoir un minimum de reconnaissance quand je lui apporte un cadeau...

    Les autres nouvelles ont pour titres : A la rencontre des Mayas - Rien ne sera jamais plus comme avant - Fichue croisière - Le train - Le petit Gecko du désert.

     

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